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Lanaudière a-t-elle les moyens de se passer de ses 200 organismes communautaires autonomes? Le point de rupture est plus près que vous pouvez l’imaginer.

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Les organismes communautaires autonomes (OCA) lanaudois joignent leur voix à celles des 4000 organismes québécois pour réclamer un financement à la mission reconnaissant leur rôle primordial dans la vie de milliers de citoyens et de citoyennes, dans la protection du filet social de leurs communautés. Dans le cadre de la campagne nationale Engagez-vous pour le communautaire la Table régionale des organismes communautaires autonomes de Lanaudière (TROCL) a voulu démontrer que la région n’a pas le moyen de se passer de ses organismes et que notre mouvement est plus solidaire que jamais et ce, malgré tous les enjeux actuels. Pour ce faire, elle a déployé une grande campagne de mobilisation virtuelle et médiatique

Quand la pandémie met en lumière le sous-financement des organismes

Participant es videos TROCL
Depuis deux ans, les organismes communautaires autonomes sont en première ligne de cette pandémie qui a eu et qui a toujours des impacts majeurs sur la population. Ils ont été nombreux à exprimer la hausse des besoins et des demandes, la pénurie de bénévoles, de travailleurs et de travailleuses. Bien que cette pénurie soit présente dans tous les secteurs d’emploi, les disparités salariales ont pris de plus en plus d’ampleur. La pandémie a mis encore plus en lumière le sous-financement chronique des organismes communautaires autonomes. Bien qu’ils soient sollicités de toutes parts par le gouvernement afin de répondre aux besoins grandissants et urgents de la population, la reconnaissance financière leur permettant de réaliser pleinement leur mission se fait attendre. Comme l’exprime un organisme de la région : « Cette année, nous avons eu plusieurs bris de services (fermetures) par manque de ressources. Le roulement des employés est de plus de 50% à cause du sous-financement qui ne permet pas des conditions de travail décentes pour nos travailleurs-euses. L'équipe est épuisée de faire des remplacements. Nous offrons un service essentiel pour les personnes en crise de santé mentale, particulièrement en ces temps de pandémie. »

Le point de rupture est proche…

Rassemblement Joliette Rassemblement Joliette
« Le personnel est épuisé. Il y a du travail pour 8 personnes et nous sommes 4. Malgré les petites indexations et les rehaussements insignifiants, nous n'avons pas les moyens de réaliser notre mission comme nous l'avions définie. Le milieu communautaire autonome n'est pas soutenu entièrement par des bénévoles. Les travailleurs sont en droit de demander de bonnes conditions de travail. Le tissu social doit être renforcé pour bâtir une société plus juste et équitable. N’abandonnez pas le milieu communautaire autonome. »

Des témoignages comme celui-ci, la TROCL en a reçu plusieurs dans la préparation de cette journée de mobilisation. L’épuisement, les ruptures d’activités, les heures réduites, le manque de personnel et de bénévoles, la peur de devoir fermer leurs portes définitivement : voilà le quotidien de nombreux organismes communautaires autonomes lanaudois. Est-ce que Lanaudière a les moyens de se passer de ses 200 organismes communautaires autonomes qui, chaque année, soutiennent plus de 100 000 personnes?

460 millions de dollars pour les 4000 organismes communautaires autonomes québécois

460 millions de dollars, voilà ce que les organismes réclament pour pouvoir reprendre leur souffle et réaliser pleinement leur mission. Pas de fonds d’urgence avec des critères ne correspondant pas à la réalité des organismes, pas de financement par projets qui ne permet pas de consolider les équipes en place et la pleine réalisation des activités et des services, pas de saupoudrage par plans d’actions sectoriels. Comme un organisme l’exprime bien : nous cumulons pas moins de 13 sources de financement de différents programmes gouvernementaux. C'est du temps de gestion inutile qui pourrait être mis au service des aînés! » Bref, nous demandons au gouvernement de cesser de louanger le travail des organismes, et d’enfin le reconnaître à sa juste valeur par un investissement majeur de financement à la mission globale, dès le prochain budget du Québec.

Solidarité communautaire

Cette semaine de mobilisation a bien su démontrer la solidarité de notre mouvement d’action communautaire autonome lanaudois, des partenaires et des citoyen.es qui le soutiennent. En effet, suite à une invitation de la TROCL, 700 personnes issues des organismes, de la population, d’organisations politiques, de partenaires syndicaux et socioéconomiques ont fait parvenir une courte vidéo démontrant leur appui ou leur engagement envers les 200 organismes communautaires autonomes lanaudois. De cette initiative est née une grande vidéo d’appuis qu’il est possible de visionner sur la page Facebook de la TROCL : facebook.com/trocl ou sur la nouvelle page TROCL.tv. En 24 heures, la vidéo a été vu plus de 5 000 fois sur les médias sociaux de la TROCL, des organismes et des médias de la région. De plus, des partenariats avec CFNJ 99,1 FM et le O 103,5 FM ont permis la diffusion de capsules radiophoniques et d’entrevues visant à sensibiliser la population aux réalités des organismes. Également, dans la journée du 23 février, les organismes communautaires étaient invités à 3 moments virtuels collectifs, où plus de 120 participant.es étaient présent.es, afin d’échanger sur les revendications et les suites de cette mobilisation. Le Mouvement d’éducation populaire autonome de Lanaudière (MÉPAL) a organisé un rassemblement sur la place Bourget à Joliette afin de soutenir les revendications communautaires et mettre de l’avant l’importance de la justice sociale et du respect des droits. Finalement, à l’initiative du Groupe d’entraide En toute amitié, des personnes de Berthierville, ont participé à une marche pour soutenir les revendications. Au Québec, ce sont 1600 organismes communautaires qui ont participé aux différentes actions de mobilisation, un record historique de participation. Voilà un signe important que la situation vécue par les organismes est vraiment difficile. « Les organismes ne se mobilisent pas par plaisir. Ils le font, parce que la situation est rendue vraiment insoutenable. Les besoins de leurs membres sont en forte augmentation, les travailleur et travailleuses ont des conditions de travail qui doivent être améliorées et il faut que le gouvernement facilite réellement les processus administratif, pour que les organismes se concentrent sur la réalisation de leur mission, non pas à remplir des demandes de financement ou des rapports de reddition de comptes exagérés » explique le directeur de la TROCL, Hugo Valiquette.

Malgré les exigences de leur quotidien, les organismes ont levé la main et se sont mobilisés pour faire reconnaître leur expertise, leur rôle social dans la société et l’importance du financement à la mission. Qu’attend le gouvernement pour passer de la parole aux actes?

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