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Luc Thériault, député de Montcalm, a constaté que le dernier budget du gouvernement Trudeau endette les Québécois sans pourtant répondre aux demandes du Québec dans un nombre considérable de dossiers. « Ottawa creuse un déficit majeur, avec la carte de crédit des Québécois et même de leurs enfants, mais sans répondre à leurs besoins. Ce que le Québec veut et ce que le Québec a très clairement réclamé ne s’y trouve tout simplement pas. Et ce que le Québec veut, le Bloc le veut aussi, entièrement et sans compromis », a déclaré Luc Thériault.

Indemnisation des producteurs laitiers

  • Ottawa a annoncé un soutien aux producteurs sous gestion de l’offre pouvant aller jusqu’à 3,9 G$ pour compenser les pertes liées aux accords de libre-échange avec l’Europe et avec la zone Pacifique. Or, pas un sou n’est prévu dans les colonnes budgétaires et aucun échéancier n’est fixé pour l’annonce concrète de mesures d’indemnisation. Future promesse électorale ? En attendant, rien n’est prévu pour nos producteurs, qui doivent toujours négocier des indemnisations pour une autre brèche dans la gestion de l’offre dans le plus important des accords commerciaux : celui avec l’Amérique du Nord.

Remboursement pour l’accueil et l’intégration des demandeurs d’asile

  • Québec a réclamé 300 M$ à Ottawa pour rembourser les frais encourus pour le logement, les soins de santé et l’éducation des demandeurs d’asile, dont le fédéral est responsable.
  • Qu’Ottawa investisse 1,18 milliard pour régulariser la situation à la frontière est louable. Mais ça ne rembourse tout de même pas les Québécois.

Internet haute vitesse en région

  • L’Internet haute vitesse est aussi essentiel que l’électricité ou le téléphone pour les entrepreneurs, les jeunes familles, les étudiants et les fournisseurs de services publics.
  • Ottawa a annoncé que la couverture s’étendrait à l’ensemble du territoire d’ici…2030.

        Nos régions ne peuvent retarder leur développement économique pendant une décennie

Transferts en santé

  • Québec a demandé à Ottawa de hausser les transferts en santé jusqu’ à ce qu’ils atteignent 25 % du coût total du système québécois. Québec estime que sans hausse, le désinvestissement du fédéral entraînera des pertes de 14 milliards au cours des dix prochaines années, ce qui ne peut que se traduire en coupes dans les soins de santé.
  • Le budget ne contient pas d’augmentation des transferts en santé ou en éducation, des priorités évidentes des Québécois. Ce désinvestissement irresponsable étouffe le Québec.

Survie de l’industrie navale québécoise

  • Le Chantier Davie a été écarté de la stratégie fédérale de construction navale, un pactole de 100 G$ en contrats dont le Québec a reçu moins de 2 %.
  • Dans son budget, Ottawa annonce qu’il fera construire deux traversiers interprovinciaux, des contrats que la Davie pourrait remporter. Mais le fédéral n’a rien confirmé.
  • L’ajout de ces traversiers maintiendrait la part du Québec des investissements dans la flotte de navires sous les 3 %, bien en deçà de la part payée par les Québécois.
  • Depuis 2015, le nombre de travailleurs au chantier est passé de 1435 à 209.

Infrastructures : ligne bleue à Montréal, tramway à Québec, train Québec-Windsor

  • Ottawa va bel et bien transférer 2,2 G$ de plus dans le fonds de la taxe sur l’essence, servant à financer de petits projets municipaux. La part du Québec avoisinera les 500 M$.
  • Il s’agit d’un transfert de fonds à partir d’autres programmes d’infrastructure fédéraux.
  • Il faut constater que 500 M$ supplémentaires n’aideront en rien à la réalisation de projets majeurs comme le prolongement de la ligne bleue, estimé à 3,9 G$, ou le train à grande fréquence Québec-Windsor, estimé à 4 G$.
  • Par ailleurs, cette façon de procéder obligera Québec à faire des arbitrages qui seront au détriment des petits projets des municipalités ou des grands projets des centres urbains.  

Crédit lors de l’achat de véhicules électriques

  • Ottawa prévoit un rabais de 5000 $ lors de l’achat d’un véhicule électrique ou à hydrogène de moins de 45 000 $.
  • Mais avec son budget de 300 M$, le programme facilitera l’achat d’un maximum de 20 000 voitures par année, moins de 1 % du parc automobile québécois. Par ailleurs, la limite de 45 000 $ exclut la majorité des véhicules ayant une autonomie de 300 km et plus, ce qui pourrait dissuader bon nombre d’automobilistes de faire leur virage vert.
  • Ottawa devrait reconsidérer sa décision de réinvestir dans les énergies fossiles et plutôt se donner un programme d’électrification des transports qui a les moyens de ses ambitions.

Justice fiscale et géants du Web

  • Le Québec veut que les Netflix, Facebook et autres Spotify de ce monde soient soumis aux mêmes lois que les entreprises québécoises : nos lois.
  • Ça implique que ces multinationales perçoivent les taxes lorsqu’elles vendent leurs services. Or, Ottawa continue de leur accorder un passe-droit au détriment de nos entreprises, de nos créateurs et de la culture québécoise.

 « Les demandes du Québec au gouvernement Trudeau étaient claires. Les réponses le sont moins. Les discordances entre ce que le Québec veut et ce que le Québec obtient sont majeures et l’enthousiasme des Québécoises et des Québécois doit donc être prudent », a conclu Luc Thériault.