Publicité


Une murale à la mémoire de Joyce Echaquan

IMG 9696Suite de la mort tragique de Joyce Echaquan, plus d’une dizaine de députés bloquistes, dont le chef de la formation politique et l’ensemble de la députation lanaudoise ont accepté l’invitation du Musée d’art de Joliette (MAJ) qui, en collaboration avec le Centre d’amitié autochtone de Lanaudière (CAAL), voulait rendre hommage à cette femme partie trop tôt.

La murale Mackwisiwin [La force] réalisée à la mémoire de Mme Echaquan par l’artiste atikamekw, Eruoma Awashish, peut maintenant être observée au Musée ainsi que depuis la rue pour une durée d’au moins un an.

« Je crois que le Québec en entier a été ébranlé par le décès de Joyce Echaquan, a souligné Gabriel Ste-Marie. Il ne reste à espérer que le drame vécu par cette mère de famille, son conjoint, leurs sept enfants et toute la communauté de Manawan permettra une prise de conscience collective. Les mentalités se doivent d’évoluer et les lois se doivent d’être modifiées afin d’accorder des chances égales de développement aux Atikamekws et aux membres des Premières Nations. Cette murale qui orne maintenant le MAJ, c’est notre façon d’honorer la mémoire de Mme Echaquan et de dire que nous n’accepterons plus jamais que de telles tragédies se reproduisent. »

« C’est la famille de Joyce que je représente sur cette murale, commente Eruoma Awashish. J’ai choisi un vert lime vibrant pour le fond, je voulais que ce soit lumineux. Dans la souffrance, on grandit et on s’élève. Il faut se servir d’épreuves comme celles de la mort de Joyce pour s’élever, grandir, évoluer, cheminer et ne plus vivre des choses comme celles-là. Par son décès, Joyce a semé quelque chose qui va pousser à l’intérieur de nous et que j’appellerais l’éveil. Avec cette murale, je voulais apporter de la lumière, faire ressortir la beauté. »

Pour sa part Jean-François Bélisle, directeur général et conservateur en chef du Musée d’art de Joliette précise : « Comme le Musée est situé à l’entrée de la ville, cette murale est l’une des premières choses que verront les gens en arrivant à Joliette. Nous pensons qu’en tant qu’institution culturelle, nous devons poser des actions concrètes afin que soit entendue la voix des Premières Nations et que se rétablisse le dialogue entre les cultures. »

« Au nom du Bloc Québécois, je tiens à remercier le Centre d’amitié autochtone de Lanaudière et le Musée d’art de Joliette pour cette initiative à laquelle j’étais très heureux de contribuer. Je suis fier de voir que cette œuvre sera là pour nous rappeler que nous devons réparer les erreurs du passé et éviter de futures tragédies, conclut Gabriel Ste-Marie. »

À propos de Eruoma Awashish :

Née en 1980 d’une mère québécoise et d’un père atikamekw nehirowisiw, Eruoma Awashish a grandi à Opitciwan. Sa démarche artistique vise à créer des espaces de dialogues pour favoriser une meilleure compréhension des cultures autochtones, et créer des œuvres qui suscitent des réflexions sur l’identité et le sacré. La décolonisation du sacré est au cœur de sa pratique.

En 2019, Eruoma Awashish a participé à l’exposition collective d’artistes autochtones au Musée d’art de Joliette, De tabac et de foin d’odeur. Là où sont nos rêves, commissariée par Guy Sioui Durand et réalisée en collaboration avec le Collectif des commissaires autochtones.

Dans la foulée du décès de Joyce Echaquan, Eruoma a cosigné une lettre ouverte au Premier ministre Legault au sujet du racisme systémique, avec un collectif de 37 femmes. Profondément bouleversée par la mort de Joyce, Eruoma Awashish a imaginé une murale pour le Musée d’art de Joliette qui représente la force et la lumière afin que les Québécoises et les Québécois de toutes les cultures et de toutes les nations se parlent et s’éveillent.

  • Créé le .