La Scierie Saint-Michel se met à l’abri de ses créanciers
Le lundi 1er juin, nous apprenions que la Scierie Saint-Michel, située à Saint-Michel-des-Saints dans le nord de Lanaudière, s’était placée à l’abri de ses créanciers.
Les salarié-es de la scierie sont affilié-es à la CSN. Selon les informations disponibles à ce jour, la situation affecte plus particulièrement le secteur du planage, qui compte une dizaine de membres syndiqués à la CSN ainsi que l’usine de granules, qui n’est pas syndiquée avec la CSN.
Si la situation devait se prolonger, les conséquences pourraient être importantes :
- Jusqu’à 100 emplois directs à la scierie pourraient être menacés ;
- Plus largement, environ 250 emplois indirects dans la région pourraient également être affectés.
Selon Luc Duchesne, président du Syndicat des employé-es de la Scierie de Saint-Michel-des- Saints (CSN) :
« Cette annonce suscite une vive inquiétude chez nos membres. Après une année marquée par un ralentissement des activités, apprendre que la scierie se trouve en difficulté financière est particulièrement éprouvant. Bien que l’employeur poursuive la mise en œuvre de son plan de redressement, l’incertitude liée à la guerre commerciale continue d’alimenter nos préoccupations quant à l’avenir. »
Rappelons que la production fut interrompue quelques mois durant à partir d’août 2025 faute de débouchés pour leurs produits. Si les activités de l’entreprise ont repris depuis, c’est dans une infime proportion des capacités de la scierie, les travailleurs étant toujours sur le programme de temps partagé de l’Assurance Emploi.
Pour le Conseil central de Lanaudière, cette annonce est la suite inquiétante d’une série de mauvaises nouvelles pour les travailleurs de cette entreprise, ces derniers ayant eu une année difficile. En effet, la guerre commerciale du président Trump les aura impactés durement dans la dernière année.
En plus de se préoccuper du sort des syndiqué-es CSN, Patricia Rivest, présidente du Conseil central de Lanaudière – CSN, s’inquiète des effets d’une éventuelle fermeture pour la région :
« perdre la scierie serait un coup dur les salarié-es, mais aussi pour le village de Saint-Michel- Des-Saints et pour le nord de Lanaudière. Cette entreprise est un véritable poumon économique pour la région. Sans ces emplois, l’effet d’entrainement sur les commerces locaux serait épouvantable. Saint-Michel a besoin de sa scierie, il en va de la vitalité économique de la région. »
La Scierie Saint-Michel apparait comme l’une des plus récentes victimes de la guerre commerciale, tout comme le sont plusieurs entreprises œuvrant dans le domaine de la foresterie au Québec. C’est notamment le cas de Rivière-aux-Rats, de Petit Paris, des usines de chantier
Chibougamau à Béarn et à Val-d’Or qui sont fragilisés par la crise, ou encore de l’usine de papier de Kénogami qui fait face à une menace de fermeture. Il s’agit donc d’un enjeu national qui nécessite une réponse appropriée des autorités provinciales et fédérales.
« Nous appelons les autorités régionales, provinciales et fédérales à se mobiliser rapidement. Il est temps que l’ensemble des acteurs concernés passe en mode gestion de crise. Tant que nous ne développerons pas des débouchés fiables et prévisibles pour le bois d’œuvre, le secteur demeurera confronté à un niveau d’incertitude insoutenable. Le gouvernement fédéral sera-t-il au rendez-vous, et surtout, le sera-t-il à temps ? Il est encore possible de sauver le secteur forestier et de soutenir les travailleuses et les travailleurs de plusieurs régions du Québec. »
Il est important de rappeler que le secteur du bois d’œuvre est toujours frappé par des tarifs d’environ 45 % imposés par les États-Unis.
Face à cette situation, le gouvernement fédéral a mis en place certains programmes de soutien, mais ceux-ci demeurent difficilement accessibles et mal adaptés aux besoins immédiats de l’industrie. De son côté, le gouvernement du Québec a tenté, sous deux ministres de la CAQ, de faire avancer une réforme de la politique forestière perçue comme précipitée et déconnectée des réalités du terrain.
Dans ce contexte, une question demeure essentielle : à quand une véritable réforme du secteur forestier, élaborée avec l’ensemble des acteurs et répondant concrètement à leurs besoins ?
Dans ce contexte, pourquoi ne pas allier ce besoin en débouchés pour les produits forestiers avec un plan de mise en chantiers de logements abordables afin de répondre à la crise du logement faisant rage en ce moment ? Le gouvernement Carney clame sur toutes les tribunes avoir un plan pour le logement et des mesures concrètes pour les secteurs touchés par la crise commerciale, on s’attend donc à des actions rapides et conséquentes, il en va de l’avenir de la région et du secteur.
À propos
Le Syndicat des employé-es de la Scierie de St-Michel-des-Saints (CSN) représente près de 100 membres de la Scierie Saint-Michel. Il est affilié à la Fédération de l’industrie manufacturière- CSN (FIM-CSN), qui compte plus de 320 syndicats affiliés, représentant environ 25 000 membres œuvrant dans le domaine industriel québécois. Il est également affilié au Conseil central de Lanaudière — CSN, qui représente plus de 15 000 membres répartis en près de 84 syndicats sur son territoire.
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