Pierre-Luc Bellerose: Réflexion sur la fiscalité
L’étude cosignée par les ex-ministres Monique Jérôme-Forget et Nicolas Marceau relance un débat important sur l’avenir de la fiscalité municipale. Toutefois, dans le contexte économique actuel, il apparaît difficilement envisageable de demander aux Québécois d’assumer une charge fiscale encore plus lourde alors qu’ils contribuent déjà massivement par les taxes municipales, les taxes scolaires, l’impôt provincial, l’impôt fédéral, les taxes à la consommation et une multitude de frais et tarifications, sans parler de l’inflation galopante…
Avant même d’évoquer de nouvelles formes de taxation ou de nouveaux prélèvements, il faut avoir le courage collectif de revoir nos façons de faire. Oui, les municipalités doivent pouvoir compter sur des revenus adéquats et prévisibles, mais la solution ne peut pas systématiquement passer par le portefeuille des contribuables.
Nous devons d’abord nous attaquer aux dépenses, à la lourdeur administrative et à la multiplication des structures et des obligations bureaucratiques qui grugent une part importante des ressources publiques. Il faut simplifier les processus, réduire les dédales administratifs, moderniser les pratiques et favoriser davantage l’innovation ainsi que les partenariats avec le secteur privé lorsque cela peut se faire dans l’intérêt public et avec rigueur.
Il faut également avoir une réflexion lucide sur la portée des services offerts et sur notre réelle capacité financière à maintenir l’ensemble de ces derniers. Avons-nous les moyens collectivement de continuer à élargir sans cesse le panier de services et de multiplier les nouveaux projets, alors que plusieurs municipalités peinent déjà à assurer adéquatement le maintien de leurs actifs et la réfection de leurs infrastructures actuelles?
La priorité doit être de consolider ce que nous avons déjà, de protéger les services essentiels et d’assurer une gestion responsable des finances publiques. Dans le contexte actuel, la population s’attend à ce que les gouvernements fassent preuve de la même rigueur budgétaire que celle exigée des familles et des entreprises.
Avant de penser à taxer davantage, il faut d’abord démontrer que chaque dollar actuellement prélevé est utilisé avec efficacité, discernement et responsabilité.
Sur ce, je vous souhaite un long congé sous le soleil, avec les vôtres.
Pierre-Luc Bellerose
Maire de Joliette et préfet de la MRC
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