La prédiction de la Marmotte Dédé de la défense collective des droits
En cette journée de la Marmotte, une cinquantaine de personnes issues des groupes en défense collective des droits de Lanaudière, de groupes communautaires et syndicaux de la région, se sont réunis au centre-ville de Joliette dans le cadre de la semaine de grève et de mobilisation coordonnée par le Regroupement des organismes en défense collective des droits (RODCD).
Tout comme la Marmotte qui est confrontée aux aléas de la météo, les 350 groupes en défense collective des droits (DCD) au Québec, dont une vingtaine dans Lanaudière, sont souvent à la merci de mesures gouvernementales qui fragilisent la pleine réalisation de leur mission envers les personnes les plus vulnérables de la société. Cette mobilisation du mouvement est rendue nécessaire face au silence et à l’inaction de la ministre responsable de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire, Mme Chantal Rouleau, et du gouvernement, afin de régler le sous-financement endémique des organismes en défense collective des droits (DCD).
C’est par une action théâtrale, que les personnes présentes ont pu observer de près, la Marmotte du nom de Dédé. Est- ce qu’en sortant de son trou le rongeur a vu son ombre ou pas? Est-ce que l’hiver sombre se poursuivra, un hiver d’austérité et de mesures autoritaires? Est-ce que les organismes en DCD continueront d’être sous-financés?
Il est à savoir que les chiffres avancés par la ministre occultent une réalité de plus en plus difficile pour les organismes en DCD. Les sommes engagées dans le cadre du Plan action gouvernementale en matière d’action autonome ont toujours été très inégalement réparties entre les secteurs de l’action communautaire autonome. La DCD a été largement négligée. Pendant presque toute la durée du plan, les « augmentations » ne couvraient même pas la hausse des dépenses des organismes en DCD. De plus, le gouvernement continue de refuser un mécanisme d’indexation, exposant les groupes à un appauvrissement continu, année après année.
Francine Rivest de la Table de concertation des groupes de femmes de Lanaudière mentionne que « comme regroupement régional, il est impossible de bien défendre les intérêts et les droits des femmes avec un financement de base ne dépassant pas 115 000$ par an. Une seule ressource permanente ne suffit pas! Depuis des années, notre souhait est d’être au moins trois travailleuses à temps plein! »
En ce 2 février, le soleil était très présent. Cependant, les nuages se sont mobilisés, comme les organismes en DCD pour que la Marmotte Dédé sorte enfin de son trou! Il est grand temps de reconnaître la DCD et de nous garantir les ressources nécessaires.
Tout comme le gouvernement, à quel point peut-on se fier aux marmottes? Ce petit rongeur est-il scientifiquement fiable? Reste maintenant à savoir si le gouvernement l’écoutera réellement ou s’il n’en fera qu’à sa propre tête.
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